31.10.2008
Doux-Aigre
Il est des noeuds secrets, il est des sympathies,
Dont par le doux rapport les âmes assorties
S'attachent l'une à l'autre, et se laissent piquer
Par ces je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer.
Pierre CORNEILLE
Il est des plaies secrètes, il est des maladies,
Dont par l'aigre rapport les douleurs réunies
S'attachent l'une à l'autre, et se laissent percer
Par ces larmes qu'on peut verser.
FB
13:30 Publié dans Hors-série | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : doux, aigre
08.08.2008
A Bee
Chère Bee,
Il était normal que je dépose ici la première suite de J.S. BACH, pour violoncelle seul, jouée par Pablo Casals...
19:20 Publié dans Hors-série | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : casals, violoncelle, bach
21.06.2008
A Michael
Le chat et le moineau
Chien en vie vaut mieux que lion mort (Ecclésiaste, IX, 4)
La raison du plus domestiqué est-elle toujours la meilleure ?
Nous ne souhaitons nullement le démontrer, car de la fable, nous ne voulons plus de moralités.
La Seine coulait des heures tranquilles, témoin passif des deux rives ; l’eau s’était colorée de printemps, loin du pourpre d’une saison future.
Un chat, conduit par le destin infaillible, avait élu domicile avenue Léo Lagrange, lui qui rêvait de revoir le cèdre livryen pour en retirer la sève de l’abondance et de la fertilité.
Dans le registre des chats domestiqués, la bête portait le nom de Roméo. Une castration civilisée, totalement ignorée du monde animal, avait fait du chasseur un pantouflard averti. A défaut de chaleurs félines révélatrices, Roméo rendait grâce aux croquettes, à une fainéantise bienheureuse et à son maître, Michael, qui RIait de bon CŒUR et marchait sur le chemin de crête, flanqué d’un abîme de chaque côté.
Un moineau, conduit par le destin infaillible, se trouva fort dépourvu quand la bise, crap, je m’égare… En fait, c’est l’histoire d’un piaf sdf qui a eu la bonne idée de reprendre son souffle en se posant avenue Léo Lagrange, à l’endroit exact que séparent deux territoires inoffensifs. L’oiseau, déjà affaibli, eut raison de l’affection de Madame Voisine qui, d’une main douce, voulut rendre l’envol au volatile.
Mais Roméo guettait, oubliant sommeil, croquettes et vieillesse et ravivant ses instincts sauvages. La proie était facile. La gueule du chat captura le moineau saigné d’une mise à mort imminente.
Les deux témoins étaient à la barre du dilemme, au banc de l’effarement et de l’évidence des lois bestiales.
Qu’auriez-vous fait à leur place ?
Sauver ce qui n’est plus à sauver ?
Punir le chat ?
Proclamer un non-lieu ?
Chanter un miserere ?
Nous passerons comme un chat sur la braise.
Les histoires d’amour finissent mal en général et près du cèdre, la fable dépose une fleur du mal, puisque
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
FB - 2008

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